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INTER 132 • LA DISPARITION DE L’EXCEPTION ARTISTIQUE : CHASSE AU MONSTRE CRÉATEUR 

Date de sortie 1 avril 2019

Appel aux textes et aux visuels/ Call for written and visual submissions

English wil follow

NUMÉRO 132 • LA DISPARITION DE L’EXCEPTION ARTISTIQUE : CHASSE AU MONSTRE CRÉATEUR

Aujourd’hui le combat contre les problèmes sociaux du racisme et du sexisme se transpose dans le domaine artistique. Les oeuvres et les artistes sont soumis au même rigorisme que les politiciens et les juges que l’on veut irréprochables. Les artistes sont considérés comme des figures publiques qui se doivent d’être exemplaires. Quant aux oeuvres, elles sont prises comme des reflets directs de la société : nous leur prêtons la capacité de conditionner les lecteurs et les spectateurs, d’inciter le viol et la haine, ce qui traduit un nouveau rapport entre l’art et la société, lorsque l’art doit être au service de ce bien commun défini par les regroupements progressistes. La création est devenue un outil pour travailler les représentations sociales, et non pas un espace du fantasme, un territoire abstrait, une expérimentation au coeur de l’expérience humaine. Le tribunal de l’opinion a tôt fait de livrer une lecture littérale des oeuvres et de condamner les artistes renégats en les privant des moyens de produire et en marquant d’opprobre leur héritage artistique ainsi que tous ceux qui persistent à l’admirer. Cela signifie la disparition de l’exception artistique, la fin du monstre créateur par trop égocentrique et peut-être immoral.

En proposant cette problématique, nous ne suggérons pas que l’art soit un prétexte valable pour excuser les violences sexuelles, la pédophilie, l’antisémitisme, la haine, le fascisme. Nous voulons attirer l’attention sur le fait que l’art est attaqué lorsqu’il est présenté comme un culte de l’élite, une dérive des privilégiés et même, selon certains critiques, un besoin archaïque d’idolâtrer le patriarche abusif. Les notions de « génie » et de « talent » sont déjà bannies, elles paraissent affreusement inégalitaires. Le domaine artistique met en valeur l’inventivité de quelques individus, mais l’indépendance d’esprit de ces individus, qui n’adhèrent pas au discours de leur groupe, irrite fortement ceux qui n’ont pas une haute idée de l’art, ceux qui n’attaqueront pas l’art directement, pour lesquels ce n’est que le jeu d’une classe aisée, une fétichisation de la marchandise pour le 1 %, la sous-industrie d’un spectacle absurde et abrutissant. Ils n’attendent pas de l’artiste qu’il enrichisse et diversifie le monde, c’est pourquoi ils ne veulent pas lui donner un statut particulier, une liberté plus grande, le droit d’être différent. Ils voudraient plutôt un art qui serait une vitrine pour les groupes, une animation pour susciter l’esprit citoyen.

En effet, il faudrait se méfier de l’art qui, semble-t-il, pousse les individus à l’excès, les révèle ambivalents et contradictoires, rabelaisiens et… imparfaits ! Il faudrait se méfier de l’art, car le métier d’artiste requiert notamment masochisme, impulsivité, obsession, folie des grandeurs, bipolarité, doute, narcissisme et exigences démesurées chez les hommes comme chez les femmes. La fin de l’individu, irréductible et autonome, entraînerait la fin de l’art.

Nous devons avoir une tolérance zéro pour les violences sexuelles et les discours haineux, du reste condamnés par les lois, mais ce rigorisme doit-il s’étendre aux films, aux romans, aux poèmes, aux pièces de théâtre, aux performances ? Est-ce que la société peut se priver de l’exception artistique ? Nous vivons une période de purge cathartique, c’est-à-dire de purgation au sens archaïque de katheiro : « débarrasser le territoire des monstres ». C’est le paradoxe d’une époque qui met au premier plan l’accueil de la diversité et le respect de l’égalité, mais qui croit par ailleurs que l’on peut assainir la société en se débarrassant d’individus trop marqués par la différence, en effaçant des oeuvres entachées par la honte.

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NUMÉRO 132 • THE END OF THE ARTISTIC EXCEPTION : HUNTING THE CREATIVE MONSTER

Today, the fight against the social problems of racism and sexism has crossed over into the artistic realm. Works of art and artists themselves are held to the same standards as the politicians and judges who we expect to be irreproachable. Artists are looked upon as public figures who must be exemplary. Meanwhile, works of art are thought to be direct reflections of society, and we have bestowed them with the power to brainwash readers and spectators and to even incite rape and hatred. This reflects a new kind of relationship between art and society, in which art must be at the service of a common good as defined by progressive circles. Art has become a tool for expressing social representations, and not a space for fantasy, an abstract territory or an experiment at the very heart of the human experience. The court of public opinion is quick to deliver literal interpretations of artworks and to condemn renegade artists by depriving them of their means of production, disgracing their artistic legacy and all those who continue to admire it. This represents the end of the artistic exception, the end of the overly egocentric and perhaps immoral creative monster.

In putting forth this topic, we do not wish to suggest that art is a valid pretext for pardoning sexual violence, pedophilia, antisemitism, hatred or fascism. We wish to draw attention to the fact that art is attacked when presented as a celebration of the elite, as a derivative of privilege and even, according to some critics, as an archaic need to idolize the abusive patriarchy. The notions of “genius” and “talent” have already been banished as they seem frighteningly non-egalitarian. The art world showcases the inventiveness of certain individuals, but the independent-mindedness of these individuals, who do not adhere to their social group’s discourse, strongly irritates those who do not think highly of art, who won’t attack art directly but for whom art is nothing more than a playground for the upper class, the fetishizing of merchandise for the “one percent”, the sub-industry of an absurd and mind-numbing spectacle. They do not expect artists to enhance and transform the world, which is why they refuse to give them special status, greater freedom or the right to be different. They would rather art act as a showcase for different groups, as an activity that fosters a sense of citizenship.

Accordingly, we should be wary of art, as it appears to lead individuals to excess, to reveal them to be ambivalent and contradictory, Rabelaisian and… imperfect! We should be wary of art, as the work of an artist requires masochism, impulsivity, obsession, delusions of grandeur, bipolarity, doubt, narcissism and unreasonable demands, for men as well as for women. The end of the individual, as an irreducible and autonomous unit, would spell the end of art.

We must have zero tolerance for sexual violence, hate speech and other offences condemned by law, but should this rigourism be extended to films, novels, poems, plays and performances? Can society do away with the artistic exception? We are living in a time of cathartic purging, of purgation according to the archaic sens of katheiro, the Greek term meaning “to rid the land of monsters”. This is the paradox of an era that places diversity and respect for equality at the forefront, but believes society can be cleansed by ridding itself of individuals who are too different and by erasing artworks that have been tarnished by disgrace.

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Format des textes/Article format : 3500 mots au maximum/words maximum

Format des images/Image format : 300 dpi, format JPEG ou/or TIFF, minimum 46 x 30 cm

Consultez la section « Proposer un article » sur notre site Web afin de connaître tous les détails concernant l’envoi de vos soumissions./Consult the “Call for Proposals” section of our website for details on submitting an article.

www.inter-lelieu.org • redaction@inter-lelieu.org

Responsable de dossier/Project manager : Michaël La Chance

Date limite/Deadline : 7 janvier/January 7th, 2019

Date de parution/Publication date : printemps/Spring 2019

8200

INTER 133 • HASARDS, ACCIDENTS : L’HEUREUX IMPRÉVU

Date de sortie 1 septembre 2019

Appel aux textes et aux visuels/ Call for written and visual submissions

English will follow

NUMÉRO 133 • HASARDS, ACCIDENTS : L’HEUREUX IMPRÉVU • CHANCE, THE UNEXPECTED: HAPPY ACCIDENTS

Tout acte, envisagé non pas du point de vue de l’agent, mais dans la perspective du processus dans le cadre duquel il se produit et dont il interrompt l’automatisme, est un « miracle » – c’est-à-dire quelque chose à quoi on ne pouvait pas s’attendre. Hannah Arendt, Qu’est-ce que la liberté ?

Les hasards de l’existence provoquent aussi bien infortunes que fortunes. Avec l’implication d’heureux imprévus, que nous plaçons en tête dans cet appel à contribution, est mise en relief une dimension qui est au cœur de la définition du terme sérendipité, soit la possibilité de faire une découverte importante, notamment scientifique, par hasard, par erreur ou par accident. Cette découverte correspond à quelque chose d’essentiellement bénéfique ou utile, comme celle de l’aspirine, de la pénicilline, du téflon ou du velcro. Pour paraphraser le mathématicien Henri Poincaré réfléchissant au rôle de son inconscient dans ses raisonnements, il s’agit d’effectuer une découverte sur notre manière de découvrir ou encore de trouver quelque chose d’important que nous ne cherchions pas, telle l’Amérique pour Christophe Colomb.

Plus précisément, il est possible de distinguer trois routes qui conduisent à l’innovation ou à la découverte. La première est celle de la sérendipité authentique, où est trouvé de manière imprévue ce que nous ne cherchons pas. Si cette trouvaille est reconnue par celui ou celle qui l’a découverte, la sérendipité est dite positive. C’est le cas de la pierre de Rosette par un officier du génie (le colonel d’Hautpoul) qui, coordonnant des travaux de fortification près du Nil, a ordonné que cette pierre « d’un très beau granit noir » soit aussitôt transportée au Caire pour analyse. Il a ainsi directement contribué au décryptage des hiéroglyphes et à la fondation de l’égyptologie. La sérendipité authentique est dite au contraire négative lorsque la découverte est réalisée, mais que celle-ci n’est pas interprétée ou expliquée adéquatement, comme celle de Colomb avec l’Amérique : ce dernier est resté persuadé jusqu’à sa mort qu’il était arrivé aux Indes orientales.

Deuxièmement, la pseudo-sérendipité désigne, dans les découvertes accidentelles, différentes manières d’arriver à un but recherché, en contraste avec l’authentique sérendipité qui décrit la découverte accidentelle de choses non cherchées. La pseudo-sérendipité est exemplifiée par la découverte de la pénicilline par Alexandre Fleming, lequel, cherchant effectivement ce que nous appellons aujourd’hui un antibiotique, l’a trouvé par des routes imprévues. La pénicilline est née en effet d’une observation accidentelle : « Mon seul mérite est que je ne négligeai pas l’observation et que j’abordai le sujet comme un bactériologue. » (A. Fleming, cité dans Pek van Andel et Danièle Bourcier, De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit, Hermann, 2013 [2008], p. 120.) Fleming aurait pu être indifférent à cette observation, tout comme l’ingénieur de Bonaparte envers la pierre de Rosette, auquel cas la découverte n’aurait tout simplement pas eu lieu. La différence importante entre Fleming et le citoyen d’Hautpoul est que ce dernier ne cherchait en rien à découvrir la compréhension des hiéroglyphes : il était ingénieur, pas égyptologue, tandis que Fleming, lui, était bactériologue.

Enfin, une découverte peut être faite sans que la sérendipité joue un rôle. Il s’agit alors de non-sérendipité, d’une découverte effectuée parce que nous la cherchions, trouvée par des routes préméditées. Elle correspond certainement à la route, à l’autoroute, la plus rassurante pour les esprits qui sont pétris uniquement de calculs et de logique.

La création esthétique dans son ensemble offre un champ d’application et de réflexion peu fréquenté par cette notion de sérendipité. Dans le monde de la science comme dans celui de l’art, la sérendipité implique cet aspect essentiel reposant sur le fait « que celui qui cherche a dû se préparer mentalement à cette survenue inattendue, dont il est ainsi capable d’apercevoir l’intérêt en dépit du fait qu’elle se manifeste en dehors du cadre imparti par l’hypothèse de départ ». (Denis Grozdanovitch, La puissance discrète du hasard, Denoël, 2013, p. 74.) Cette attitude mentale, conjuguant en quelque sorte une capacité d’attention et de distraction ou de désintéressement, est particulièrement prisée au sein des arts de la scène, de la commedia dell’arte à l’art actuel dit d’action ou de performance, qui impliquent en outre ces mêmes capacités de la part du public spectateur, devenant ainsi parfois coauteur ou coacteur de la représentation.

Le cyberespace constitue un autre champ d’application à considérer. D’une part, les moteurs de recherche sur la Toile multiplient exponentiellement les possibilités de découvertes fortuites par le surgissement de liens inopinés après une quelconque requête. Il est alors toutefois question de pseudo-sérendipité, car la trouvaille reste en lien plus ou moins direct avec la requête formulée. D’autre part, la sphère croissante de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage dit profond grâce aux algorithmes arraisonnant les banques de mégadonnées, tend à faire disparaître l’attention accordée à la sérendipité, tant l’automatisme et la vitesse des calculs statistiques sont d’une précision accablante. Cette intelligence est déployée pour le plus grand bénéfice d’un capitalisme cybernétique qui se gave des possibilités ainsi offertes de transformer chaque parcelle de l’existence humaine, de l’activité publique à l’intimité la plus secrète, en marchandises et en profils de consommateurs vendus à des agences de publicité.

La notion étymologique de sérendipité a été forgée par Horace Walpole en 1754 à partir de la lecture d’un ancien conte perse intitulé Trois princes de Sérendip. Sérendip est le nom d’une région correspondant à son époque à l’île de Ceylan et aujourd’hui au Sri Lanka. Les pérégrinations de ces trois princes sur le continent indien les conduisent de jour en jour à des découvertes surprenantes qu’ils interprètent chaque fois de manière judicieuse. Ce conte perse, repris aussi diversement par Shakespeare dans Hamlet (1610) que Voltaire dans Zadig (1748), est parfois considéré comme une prémisse du roman policier. Dans ce genre littéraire, la judicieuse interprétation d’un signe surprenant, le discernement, l’astuce, le flair, l’instinct et l’imagination, et pas seulement le calcul ou la logique, peuvent nous permettre de résoudre l’énigme et de démasquer le ou les criminels.

Ainsi, aussi bien les champs de la science et de la technique que de ceux de l’art et de la littérature sont susceptibles d’être interrogés par la thématique de ce dossier.

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Every act, seen from the perspective not of the agent but of the process in whose framework it occurs and whose automatism it interrupts, is a ‘miracle’—that is, something which could not be expected. Hannah Arendt, What Is Freedom?

The coincidences of everyday life cause as much good fortune as misfortune. With the idea of happy accidents being put forth in this call for submissions, an aspect that lies at the very core of the definition of the term “serendipity” is being stressed, and that is the possibility of making an important discovery, particularly scientific in nature, by chance, mistake or by accident. The discovery in question represents something that is essentially beneficial or useful, such as aspirin, penicillin, Teflon or Velcro. To paraphrase mathematician Henri Poincaré’s reflection on the role of his subconscious in his reasonings, it is a question of discovering something about our way of discovering, or of finding something significant that we were not looking for, like Christopher Columbus discovering America.

More precisely, three routes leading to innovation and discovery may be distinguished. First, there is true serendipity, through which something that was not being looked for is found in an unexpected manner. If this finding is acknowledged by he or she who made the discovery, the serendipity is said to be positive. Such was the case for the Rosetta Stone, discovered by an engineering officer (Colonel d’Hautpoul) coordinating work on fortifications near the Nile and who ordered that the stone “of a very nice black granite” be immediately transported to Cairo for analysis. In doing so, he directly contributed to the deciphering of hieroglyphics and the foundation of Egyptology. On the contrary, true serendipity is said to be negative when a discovery is made, but is not adequately interpreted or explained, like Columbus’ discovery of America, as he believed he had arrived in the East Indies right up until his death.

Within the context of accidental discoveries, the second route, pseudoserendipity, refers to different ways of reaching a desired result. This differs from true serendipity, where things that were not being searched for are accidentally discovered. An example of pseudoserendipity is Alexander Fleming’s discovery of penicillin. Fleming was indeed searching for what we now call an antibiotic, but it was an unexpected incident that led him there. In fact, penicillin was discovered through an accidental observation: “My only merit is that I did not neglect the observation and that I pursued the subject as a bacteriologist.” (Fleming, quoted by Pek van Andel and Danièle Bourcier, De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit, Hermann, 2013 [2008], p. 120). Fleming could have been indifferent to this observation, just as Bonaparte’s engineer could have ignored the Rosetta Stone, in which case the discovery would have simply not occurred. The main difference between Fleming and the citizen d’Hautpoul is that the latter sought not to discover the key to understanding hieroglyphics: he was an engineer, not an Egyptologist, while Fleming was indeed a bacteriologist.

Finally, the third route refers to a discovery in which serendipity plays no role. This is non-serendipity, or a discovery made because it was searched for and found via premeditated avenues. This is certainly the most reassuring road—or highway—for those whose minds are steeped solely in calculations and logic.

Aesthetic creation as a whole offers a field of application and reflection in which this notion of serendipity is seldom seen. In the world of science, much like in the world of art, serendipity implies a key aspect based on the fact “that the person who is searching must have mentally prepared themselves for this unexpected event, the relevance of which may therefore be noticed despite the fact that it occurred outside the framework established by the initial hypothesis”. (Denis Grozdanovitch, La puissance discrète du hasard, Denoël, 2013, p. 74.) This mental attitude, which somehow combines the capacity for attention with distraction or disinterestedness, is particularly sought after in performance art, from commedia dell’arte to the current art practices of action and performance art, which involve this same attitude on the part of the audience, who may consequently become co-authors or co-actors of the performance.

Another field of application to be regarded is cyberspace. On one hand, internet search engines exponentially increase the possibilities for incidental findings with the plethora of unexpected links that arise from each request. However, this would qualify as pseudoserendipity, as the finding remains more or less related to the request made. Moreover, the evolving fields of artificial intelligence and deep learning via algorithms that probe metadatabases tend to cancel out any attention paid to serendipity here, as the speed and automatism of the statistical calculations involved are of mind-blowing precision. This is all for the greater benefit of cybernetic capitalism, which devours these opportunities to transform each morsel of human existence, from public activities to the most intimate secrets, into merchandise and consumer profiles to be sold to advertising agencies.

Etymologically, the concept of serendipity was developed by Horace Walpole in 1754. He was inspired by an old Persian fairy tale that he had read called The Three Princes of Serendip. Serendip was the name of the region known in Walpole’s time as the island of Ceylon and today known as Sri Lanka. The travels of these three princes on the Indian sub-continent led them to surprising discoveries day after day, and each time, they interpreted them in a judicious manner. This Persian fairy tale, which inspired works as diverse as Shakespeare’s Hamlet (1610) and Voltaire’s Zadig (1748), is sometimes considered a precursor to the detective fiction genre. In this type of literature, judicious interpretation of unexpected signs, discernment, cleverness, flair, instinct and imagination, rather than logic and calculations alone, can lead to solving the mystery and unmasking the criminal.

Therefore, the fields of science, technology, art and literature may all potentially be brought into question within the context of this edition.

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Format des textes/Article format : 3500 mots au maximum/words maximum

Format des images/Image format : 300 dpi, format JPEG ou/or TIFF, minimum 46 x 30 cm

Consultez la section « Proposer un article » sur notre site Web afin de connaître tous les détails concernant l’envoi de vos soumissions./Consult the “Call for Proposals” section of our website for details on submitting an article. www.inter-lelieu.org • redaction@inter-lelieu.org

Responsable de dossier/Project manager : Martin Nadeau

Date limite/Deadline : 1er avril/April 1th, 2019

Date de parution/Publication date : automne/Automn 2019

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