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INTER 131 • NOUVEAUX TERROIRS. RÉINVENTER LES TERRITOIRES

Date de sortie 15 janvier 2019

Appel aux textes et aux visuels/ Call for written and visual submissions

English wil follow

NUMÉRO 131 • NOUVEAUX TERROIRS. RÉINVENTER LES TERRITOIRES • REINVENTING TERRITORIES. NEW TERROIRS

« Un terroir est un espace géographique délimité, défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs et de pratiques, fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition. » (UNESCO et Terroirs & Cultures, Charte des terroirs, 2005.)

Face au laminage culturel et environnemental associé à une certaine globalisation, invasive et homogénéisatrice, comment le local se réinvente-t-il dans un contexte de délocalisation économique et technologique ? Longtemps relégués au second plan par des avant-gardes arrimées à l’accélération urbaine et industrielle, les territoires ruraux et sauvages pourraient bien être de nos jours les laboratoires de nouvelles voies de résistance créatives, les pépinières d’imaginaires pour penser et mettre en branle des modèles alternatifs de collaboration et de vie collective.

Si, à l’ère industrielle, la vision utopique d’un William Morris pour un réinvestissement de la ruralité pouvait paraître empreinte d’une certaine nostalgie, elle semble trouver à présent, selon d’autres modalités, une nouvelle pertinence. Il ne s’agit plus ici de rêver un exode urbain fuyant les affres de la société industrielle, mais plutôt de redonner aux territoires ruraux, faiblement urbanisés, une position stratégique comme laboratoires, espaces de réflexion et possibles creusets de pratiques innovantes.

Aujourd’hui, dans une ère postindustrielle marquée notamment par des possibilités connectives grandissantes, la valorisation du local au sein de ces contextes excentrés ne constitue pas un repli nostalgique, mais un art de la « débrouillardise » et des savoir-faire, la source potentielle d’invention de nouvelles voies de métissage et de transversalité. À l’instar de ce qu’accomplit depuis quelques années, par exemple, un art culinaire de pointe en collaboration avec une constellation de producteurs et d’acteurs locaux, quels rôles jouent et peuvent jouer d’autres pratiques artistiques actuelles dans ce projet de réinvention de la spécificité des territoires et des terroirs ? Quels nouveaux réseaux et agencements collaboratifs sont à cette fin activés entre culture, agriculture, écologie, économie, recherche scientifique et bien d’autres domaines encore ? Quelle est la place des centres d’artistes dans la catalyse de ces possibles coalescences territoriales ?

À une époque où on ne peut plus continuer à penser le développement exclusivement en termes d’industrie lourde et d’exploitation massive des ressources, il est grand temps de discuter de pratiques et projets symbiotiques contribuant à construire une économie durable qui table sur une mise en valeur douce des terroirs et des territoires. C’est la contribution de l’art actuel à de telles pistes émergentes que le présent dossier ambitionne d’explorer plus particulièrement.

The French term terroir refers to “a determined geographical area, defined by a human community, which generates and accumulates along its history a set of distinctive cultural traits, knowledge and practices based on a system of interactions between the natural environment and human factors. The know-how involved carries originality, confers its typical nature, and enables recognition of the goods and services originating from the specific geographical area and thus of the people living within it. These areas are living and innovative spaces which are more than just about tradition.” (UNESCO and Terroirs & Cultures, Charte des terroirs, 2005.)

Faced with the forces of cultural and environmental homogenization that are associated with invasive globalization, how can local communities reinvent themselves within a context of economic and technological delocalization? Although rural territories and areas of wilderness have long been marginalized by those at the forefront of urban growth and industrial acceleration, these territories may well serve today as laboratories for developing new avenues of creative resistance, acting as conceptual incubators for devising and implementing alternative models for collaboration and collective living.

During the industrial era, William Morris’ utopian vision for rural revitalization may have seemed tinted by a certain amount of nostalgia. However, when considered under current circumstances, it appears all the more relevant. Today, the aim lies not in envisioning an urban exodus fleeing from the torments of industrial society, but in restoring rural, scarcely urbanized territories to a strategic position as laboratories, spaces for reflection and possible melting pots from which innovative practices may emerge.

In today’s postindustrial world, characterized in particular by ever-increasing connectivity, placing value on the local elements within these outlying communities is not a retreat into nostalgia but a manifestation of the art of resourcefulness and know-how, potential driving forces for the creation of new paths leading to cultural diversity and transversality. In light of the accomplishments achieved in recent years in, for example, the field of high-level culinary arts, resulting from collaboration with a constellation of local actors and producers, what roles are being played or can be played by other current artistic practices in reinventing the specificity of these territories and terroirs? In pursuit of this, what new networks or collaborative relationships may be developed between the fields of culture, agriculture, ecology, economics and scientific research, not to mention a great many other disciplines? What role may artists’ centres play in the catalysis of these possible instances of territorial coalescence?

We may no longer continue to think of development solely in terms of heavy industry and the massive exploitation of resources; it is thus high time we began discussing symbiotic practices and projects that may contribute to the development of a sustainable economy built on the respectful revitalization of territories and terroirs. The present edition of Inter wishes to look more closely at how current art practices may contribute to such emerging solutions.

Format des textes/Article format : 3500 mots au maximum/words maximum

Format des images/Images format : 300 dpi, format JPEG ou/or TIFF, minimum 46 x 30 cm

Envoyez vos soumissions à: redaction@inter-lelieu.org

submitting an article to : redaction@inter-lelieu.org

Responsables de dossier/Project manager: Luc Lévesque

Date limite/Deadline: 6 AOÛT/ AUGUST 6th, 2018

Date de parution/Publication date: HIVER/WINTER 2019

8180

INTER 132 • LA DISPARITION DE L’EXCEPTION ARTISTIQUE : CHASSE AU MONSTRE CRÉATEUR 

Date de sortie 1 avril 2019

1Appel aux textes et aux visuels/ Call for written and visual submissions

English wil follow

NUMÉRO 132 • LA DISPARITION DE L’EXCEPTION ARTISTIQUE : CHASSE AU MONSTRE CRÉATEUR

Aujourd’hui le combat contre les problèmes sociaux du racisme et du sexisme se transpose dans le domaine artistique. Les oeuvres et les artistes sont soumis au même rigorisme que les politiciens et les juges que l’on veut irréprochables. Les artistes sont considérés comme des figures publiques qui se doivent d’être exemplaires. Quant aux oeuvres, elles sont prises comme des reflets directs de la société : nous leur prêtons la capacité de conditionner les lecteurs et les spectateurs, d’inciter le viol et la haine, ce qui traduit un nouveau rapport entre l’art et la société, lorsque l’art doit être au service de ce bien commun défini par les regroupements progressistes. La création est devenue un outil pour travailler les représentations sociales, et non pas un espace du fantasme, un territoire abstrait, une expérimentation au coeur de l’expérience humaine. Le tribunal de l’opinion a tôt fait de livrer une lecture littérale des oeuvres et de condamner les artistes renégats en les privant des moyens de produire et en marquant d’opprobre leur héritage artistique ainsi que tous ceux qui persistent à l’admirer. Cela signifie la disparition de l’exception artistique, la fin du monstre créateur par trop égocentrique et peut-être immoral.

En proposant cette problématique, nous ne suggérons pas que l’art soit un prétexte valable pour excuser les violences sexuelles, la pédophilie, l’antisémitisme, la haine, le fascisme. Nous voulons attirer l’attention sur le fait que l’art est attaqué lorsqu’il est présenté comme un culte de l’élite, une dérive des privilégiés et même, selon certains critiques, un besoin archaïque d’idolâtrer le patriarche abusif. Les notions de « génie » et de « talent » sont déjà bannies, elles paraissent affreusement inégalitaires. Le domaine artistique met en valeur l’inventivité de quelques individus, mais l’indépendance d’esprit de ces individus, qui n’adhèrent pas au discours de leur groupe, irrite fortement ceux qui n’ont pas une haute idée de l’art, ceux qui n’attaqueront pas l’art directement, pour lesquels ce n’est que le jeu d’une classe aisée, une fétichisation de la marchandise pour le 1 %, la sous-industrie d’un spectacle absurde et abrutissant. Ils n’attendent pas de l’artiste qu’il enrichisse et diversifie le monde, c’est pourquoi ils ne veulent pas lui donner un statut particulier, une liberté plus grande, le droit d’être différent. Ils voudraient plutôt un art qui serait une vitrine pour les groupes, une animation pour susciter l’esprit citoyen.

En effet, il faudrait se méfier de l’art qui, semble-t-il, pousse les individus à l’excès, les révèle ambivalents et contradictoires, rabelaisiens et… imparfaits ! Il faudrait se méfier de l’art, car le métier d’artiste requiert notamment masochisme, impulsivité, obsession, folie des grandeurs, bipolarité, doute, narcissisme et exigences démesurées chez les hommes comme chez les femmes. La fin de l’individu, irréductible et autonome, entraînerait la fin de l’art.

Nous devons avoir une tolérance zéro pour les violences sexuelles et les discours haineux, du reste condamnés par les lois, mais ce rigorisme doit-il s’étendre aux films, aux romans, aux poèmes, aux pièces de théâtre, aux performances ? Est-ce que la société peut se priver de l’exception artistique ? Nous vivons une période de purge cathartique, c’est-à-dire de purgation au sens archaïque de katheiro : « débarrasser le territoire des monstres ». C’est le paradoxe d’une époque qui met au premier plan l’accueil de la diversité et le respect de l’égalité, mais qui croit par ailleurs que l’on peut assainir la société en se débarrassant d’individus trop marqués par la différence, en effaçant des oeuvres entachées par la honte.

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NUMÉRO 132 • THE END OF THE ARTISTIC EXCEPTION : HUNTING THE CREATIVE MONSTER

Today, the fight against the social problems of racism and sexism has crossed over into the artistic realm. Works of art and artists themselves are held to the same standards as the politicians and judges who we expect to be irreproachable. Artists are looked upon as public figures who must be exemplary. Meanwhile, works of art are thought to be direct reflections of society, and we have bestowed them with the power to brainwash readers and spectators and to even incite rape and hatred. This reflects a new kind of relationship between art and society, in which art must be at the service of a common good as defined by progressive circles. Art has become a tool for expressing social representations, and not a space for fantasy, an abstract territory or an experiment at the very heart of the human experience. The court of public opinion is quick to deliver literal interpretations of artworks and to condemn renegade artists by depriving them of their means of production, disgracing their artistic legacy and all those who continue to admire it. This represents the end of the artistic exception, the end of the overly egocentric and perhaps immoral creative monster.

In putting forth this topic, we do not wish to suggest that art is a valid pretext for pardoning sexual violence, pedophilia, antisemitism, hatred or fascism. We wish to draw attention to the fact that art is attacked when presented as a celebration of the elite, as a derivative of privilege and even, according to some critics, as an archaic need to idolize the abusive patriarchy. The notions of “genius” and “talent” have already been banished as they seem frighteningly non-egalitarian. The art world showcases the inventiveness of certain individuals, but the independent-mindedness of these individuals, who do not adhere to their social group’s discourse, strongly irritates those who do not think highly of art, who won’t attack art directly but for whom art is nothing more than a playground for the upper class, the fetishizing of merchandise for the “one percent”, the sub-industry of an absurd and mind-numbing spectacle. They do not expect artists to enhance and transform the world, which is why they refuse to give them special status, greater freedom or the right to be different. They would rather art act as a showcase for different groups, as an activity that fosters a sense of citizenship.

Accordingly, we should be wary of art, as it appears to lead individuals to excess, to reveal them to be ambivalent and contradictory, Rabelaisian and… imperfect! We should be wary of art, as the work of an artist requires masochism, impulsivity, obsession, delusions of grandeur, bipolarity, doubt, narcissism and unreasonable demands, for men as well as for women. The end of the individual, as an irreducible and autonomous unit, would spell the end of art.

We must have zero tolerance for sexual violence, hate speech and other offences condemned by law, but should this rigourism be extended to films, novels, poems, plays and performances? Can society do away with the artistic exception? We are living in a time of cathartic purging, of purgation according to the archaic sens of katheiro, the Greek term meaning “to rid the land of monsters”. This is the paradox of an era that places diversity and respect for equality at the forefront, but believes society can be cleansed by ridding itself of individuals who are too different and by erasing artworks that have been tarnished by disgrace.

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Format des textes/Article format : 3500 mots au maximum/words maximum

Format des images/Image format : 300 dpi, format JPEG ou/or TIFF, minimum 46 x 30 cm

Consultez la section « Proposer un article » sur notre site Web afin de connaître tous les détails concernant l’envoi de vos soumissions./Consult the “Call for Proposals” section of our website for details on submitting an article.

www.inter-lelieu.org • redaction@inter-lelieu.org

Responsable de dossier/Project manager : Michaël La Chance

Date limite/Deadline : 7 janvier/January 7th, 2019

Date de parution/Publication date : printemps/Spring 2019

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