Des performances publiques, ouvertes à toutes et tous, jalonnent le parcours et sont présentées à 19h :
Accueilli·e·s dans le cadre du cours, ces artistes dirigent des ateliers et transmettent leurs approches de la performance :
Gustavo Alvarez aborde la performance à partir du corps comme espace de rituel et de transformation, en lien avec des perspectives décoloniales.
Denys Blacker propose une exploration sensible des relations entre corps, conscience et écologie, dans une approche écoféministe.
Marina Barsy développe une pratique centrée sur les relations entre corps, rencontre et activisme sensoriel.
Le parcours se conclut avec les présentations des étudiant·e·s les 19 et 20 juin à 19h, au Le Lieu, centre en art actuel.
Artiste en performance et anthropologue social (CDMX, 1973)
Formé en anthropologie sociale à l’École nationale d’anthropologie et d’histoire.
Il débute en art performance en 2005 et cumule plus de 15 ans d’expérience. Son travail artistique porte sur des enjeux liés au tissu social tels que la violence, le rituel et les pratiques décoloniales à partir du corps, ainsi que sur l’art performance comme pratique d’archéologie de soi. Il a présenté son travail dans différents pays, notamment en France, en Italie, au Canada, en Colombie, en Suède, à Taïwan, au Chili, en Norvège et au Pérou. Il a participé à des événements importants dans son pays, tels que la Première Exposition nationale de performance.
Il s’intéresse à la commissariat d’exposition dans une perspective de création d’expériences esthétiques significatives pour les artistes participant·es, et a assuré le commissariat de festivals de performance importants tels que Encuentro Internacional Performancear o Morir (Sierra Tarahumara), Festival de Performance InSitu Chihuahua et InSitu Guanajuato.
Il s’intéresse également à la pédagogie de la performance, en animant des laboratoires dans divers contextes académiques, notamment à l’Institute of the Image en France, à l’Université de Guanajuato, à ExTeresa Arte Actual, à l’Université de Coahuila, à l’Université du Yucatán et au Museo de Arte Moderno de Mazatlán, entre autres.
En 2022, il a reçu le Stimulus of Creator with Trajectory (PECDA Guanajuato), dans la catégorie théâtre, pour le projet « Práticas decoloniales desde el cuerpo contra la violencia ». En 2019, il a reçu le Stimulus of Creator with Trajectory (PECDA Guanajuato), dans la catégorie interdisciplinaire, pour le projet « Renewing Actions ». En 2013, il a reçu le Stimulus of Creator with Trajectory (PECDA Chihuahua), dans la catégorie nouveaux médias, pour le projet « Acciones Performativas ».
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Alvarez joue avec le silence brisé, utilisant le générateur de performance comme un espace rituel (un espace liminal) où les situations sont confrontées au moment même où elles émergent, en encourageant toujours les participant·es à s’engager directement dans l’action et en proposant une création conjointe. Dans l’atmosphère environnante, créée avec le consentement des personnes impliquées, il parvient à créer ce que Hakim Bey désigne comme des zones autonomes temporaires, où les règles conventionnelles d’échange et d’étiquette sont, à tout le moins, remises en question, sinon complètement abolies.
Ses actions sont conçues pour se déployer et, à leur terme, accomplir une forme de rite de passage, tant pour le moment présent que pour le performeur lui-même.
Il apprécie interagir avec des personnes dans des espaces publics, y compris ceux situés à l’intérieur des galeries et même des musées, mais il privilégie la rencontre de spectateur·rices inattendu·es ou de « publics accidentels ». Dans chacune de ses actions, il laisse des traces (objets symboliques) qui deviennent des installations de type autel.
Alvarez est un performeur public particulièrement efficace, qui joue avec habileté des frontières entre le privé et le public — des tensions entre ce qui devrait rester intime et ce qu’il est possible d’exprimer dans l’espace public.
Performance le 23 mai 2026 à partir de 19h
Blacker est une artiste transdimensionnelle dont la pratique englobe l’art performance, le dessin, la sculpture et la vidéo. Elle vit et travaille en Espagne depuis 1987 et présente son travail à l’international depuis plus de 30 ans. Elle est cofondatrice du collectif de performance féminin Ocells al Cap (Birds in the Head) et membre du groupe international de performance The Wolf in the Winter. En 2018, elle a complété un doctorat intitulé Synchronicity and Consciousness in Improvised Performance Art Practice (2019) à la Northumbria University (Newcastle, Royaume-Uni).
Depuis 2002, elle est directrice de l’association culturelle à but non lucratif Gresol, au sein de laquelle elle organise des événements, rencontres et festivals internationaux liés à l’art performance. Membre fondatrice du projet financé par l’Union européenne ELAA (European Live Art Archive), basé à l’Université de Gérone, elle a collaboré avec de nombreuses organisations programmant des événements en art performance et en live art, notamment Cara a Cara à La Bonne, centre de culture des femmes (Barcelone, Espagne), Cicle d’Art d’Acció au centre d’art contemporain Bòlit (Gérone, Espagne) et FLARE (Forum for Live Art Research and Education) à la Northumbria University (Newcastle, Angleterre).
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Mon intérêt porte sur la manière dont nous développons nos capacités individuelles et collectives d’adaptabilité et d’intra-communication. Dans mon travail, j’explore les implications artistiques, sociales et politiques liées à l’engagement dans des modes de connaissance incarnés, intuitifs et viscéraux. Mes recherches m’ont amenée à explorer les frontières entre sujet et objet, ainsi qu’entre soi et l’autre, afin de révéler comment nous pouvons communiquer au-delà des sens cognitifs, notamment à travers la télépathie et la précognition.
Il s’agit d’une conception du soi qui ne se limite pas au corps, mais qui s’étend également à la multiplicité des conditions et des événements qui nous entourent, incluant l’environnement et la nature. Dans cette perspective, rien n’est envisagé comme un acte isolé, mais plutôt comme émergeant de la coextensivité de l’ensemble de la nature. Cela peut également être compris comme une reconnexion somatique et psychique au corps écologique, telle que discutée dans le cadre de l’écoféminisme par Karen Warren (2000) et Charlene Spretnak (1987), entre autres.
Dans ce contexte écoféministe, je reconnais l’importance de prendre soin de soi et des autres, ce qui inclut non seulement les organismes vivants de la planète, mais également l’ensemble des éléments non humains (Warren, 2000). Cette vision du monde interroge la manière dont chaque individu se reflète dans le tout et appelle à une réflexion éthique sur les conséquences de nos actions dans le monde.
L’interconnexion engendrée par le capitalisme global nous place tou·tes dans une position de collaboration avec un système qui nous nuit collectivement. Toutefois, à travers de petits gestes cumulés d’engagement intra-actif avec le tout, je crois que nous élaborons de nouvelles façons de survivre aux contradictions et aux anxiétés que nous traversons, tout en affirmant un désir de contribuer à une vie créative et durable.
En ces temps précaires, « où le monde n’est pas achevé et où le ciel ne s’est pas effondré » (Haraway, 2016), il demeure possible d’inventer des modes de co-devenir (becoming-with), dans lesquels la responsabilité envers le tout n’est pas perçue comme une obligation, mais comme une sensation vécue qui soutient la réciprocité et la coopération — des qualités que je considère comme essentielles pour faire face à l’imprévisibilité et à la violence du monde, ainsi qu’à l’inquiétude et à la peur que cette incertitude engendre.
Artiste en performance et en arts visuels, commissaire indépendante, chercheuse et pédagogue.
Co-directrice de l’espace de création et de pédagogie radicale MATERIC.ORG et commissaire de la rencontre de performance MAR DE ISLAS dans les Caraïbes.
Elle détient un doctorat en histoire et théorie de l’art ainsi qu’une maîtrise en études curatoriales (University of Essex, Royaume-Uni). Elle enseigne à l’Université de Porto Rico et à l’Escola Massana Centre d’Art et de Design à Barcelone. Ses publications incluent la co-rédaction du chapitre « Border Movement: Transnational Performance in Practice » (Routledge, 2021). Son travail a été présenté en Abya Yala et en Europe, et a été discuté dans plusieurs catalogues et ouvrages, dont Inconformes y disidentes, arte puertorriqueño en el siglo XXI (Isla Negra, 2023), Turned into Sterile Land (Musée d’art contemporain de Porto Rico, 2022) et Birthmark (catalogue Liberate Tate, 2015). Depuis 2015, elle partage et crée une vie-art avec Isil Sol Vil à travers une philosophie poétique d’amour subversif et de soin extrême.
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Reconnaissant nos relations et notre « être-au-monde » comme intersubjectifs et intercorporels, mon travail explore la soma-politique de la rencontre en ouvrant de nouveaux espaces de négociation. Dans une perspective de décolonisation des géographies du corps (déliaison des formes de colonialisme interne), j’engage des formes d’« activisme esthétique/sensoriel » en explorant les tensions relationnelles, les rites de passage, les modes de résistance et d’appartenance, les implications juridiques du corps, ainsi que les rôles et les mascarades du patriarcat.