La pratique artistique de Joshua Schwebel se caractérise par des explorations critiques et contextuelles de l’instrumentalisation de l’art et des stratégies de survie souvent exploitantes qui le sous-tendent. Son approche multidisciplinaire combine fréquemment des vestiges matériels, des enregistrements sonores et divers artefacts documentaires qui rassemblent les traces des processus économiques abordés dans son travail.
Fort d’une expérience significative dans le milieu des centres d’artistes autogérés, il a récemment présenté des expositions individuelles à Struts (Sackville), Forest City Gallery (London), Centre CLARK (Montréal), Or Gallery (Vancouver) et L’Œil de Poisson (Québec). Schwebel a également exposé largement au Canada, notamment à la Libby Leshgold Gallery, au Musée d’art de Joliette, à la Justina M. Barnicke Gallery et à la Galerie UQO, ainsi qu’à l’international au MIT List Visual Arts Center (États-Unis), au KW Institute for Contemporary Art, au nGbK Berlin, au Museum Reinickendorf, au Künstlerhof Frohnau et à l’Albertinum (Allemagne), à Maumont, aux Laboratoires d’Aubervilliers et au CNEAI (France), ainsi qu’au CCA Torres Vedras (Portugal).
Il a participé à plusieurs résidences d’artistes, notamment au KIAC (Yukon), à la Galerie du Nouvel-Ontario (Sudbury) et à L’Écart (Rouyn-Noranda), en plus de collaborer à de nombreux projets d’expositions collectives. Sa publication The Employee est distribuée par Art Metropole. Son travail a bénéficié du soutien du Conseil des arts du Canada, du Sénat culturel de Berlin et du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Ma pratique artistique s’attache actuellement à examiner les implications de la dépendance du Canada à l’industrie minière et des profits qu’il en tire, en observant les façons dont cette industrie croise, récupère et soutient sélectivement le milieu des arts.
Dans le prolongement direct de l’histoire coloniale de peuplement au Canada, la destruction du monde naturel est transformée en richesse économique, permettant à un petit nombre d’individus d’accumuler une fortune disproportionnée tout en portant une responsabilité importante dans les dommages écologiques mondiaux auxquels nous faisons face collectivement. Une partie de cette richesse issue de l’extraction des ressources retourne ensuite vers les institutions artistiques sous forme de dons philanthropiques, de revenus d’investissement, d’achats d’œuvres, de nominations aux conseils d’administration ou encore par le biais de revenus imposables.
C’est à travers cette chaîne de relations et la position ambivalente de l’art — à la fois outil critique et objet de collection — que j’explore les points de rencontre entre l’industrie minière et l’art contemporain.
Il y a, pour moi, une urgence à réfléchir à notre complicité non pas comme un phénomène du passé ou une simple représentation symbolique, mais dans le présent, au sein même des structures que nous avons bâties comme travailleuses et travailleurs culturels. Les contextes que j’investis à travers mes projets, souvent ceux-là mêmes où les œuvres sont exposées, visent à susciter une réflexion interne et un dialogue sur les multiples façons dont notre communauté artistique s’est accommodée d’une institutionnalisation libérale. Mon souhait est également d’encourager l’émergence de structures plus émancipatrices, moins compromises et moins dépendantes des mécanismes d’expropriation collective et individuelle qui soutiennent actuellement le secteur culturel.
Joshua Schwebel’s artistic practice is characterized by critical and site-specific explorations of art’s instrumentalization and exploitative survival strategies. His multidisciplinary approach often combines material remnants, audio recordings, and other documentary artifacts that collate traces of the economic processes his work addresses. With significant professional experience in the art-run context, (most recently with solo exhibitions at Struts (Sackville), Forest City Gallery (London), Centre CLARK (Montreal), Or Gallery (Vancouver), and L’Oeil de Poisson (Québec). Schwebel has also exhibited widely both nationally within Canada (Libby Leshgold, Musée d’Art de Joliette, Justina M. Barnicke Gallery, Gallery UQO) and internationally (MIT List Centre, USA; KW, nGbk Berlin, Museum Reinickendorf and Künstlerhof Frohnau the Albertinum, Germany; Maumont, Les Laboratoires d’Aubervilliers, CNEAI, France; CCA Torres Vedras, Portugal), participated in residencies (KIAC Yukon, GN-O Sudbury, L’Écart Rouyn-Noranda), and collaborated on wide-ranging group exhibition projects. His publication, The Employee, is distributed by Art Metropole. His work has been supported by generous funding from the Canada Council for the Arts, The Berlin Cultural Senate, and the Quebec Arts Council.
My artistic practice is currently immersed in addressing the implications of Canada’s dependence on and profiteering from mining, looking at where and how this industry intersects with, coopts, and selectively supports the arts. In a direct continuation of Canada’s history of settler-colonialism, the destruction of the natural planet is converted into the wealth of Canada, leading to a few people disproportionately holding inordinate wealth, and bearing responsibility for much of the global ecological damage that we all are facing. Some of the wealth from resource extraction returns to arts institutions through individual philanthropic donations, investment income, collector purchases, board appointments, and taxable income. It is because of this chain of connection and the ambivalent position of art as a mediating device between critical subject and collector’s object that I have been looking at the points of exchange between mining and contemporary art.
There is urgency for me in reflecting on our complicity not in the past or as a representation, but in the here and now, within the structures that we have built as cultural workers. The contexts I encircle through my work, often those in which it is simultaneously exhibited, are intended to provoke internal reflection and dialogue on the myriad ways we as an arts community have settled into liberal institutionalization; and a hope to provoke our community to find other more liberatory structures less riddled with compromise, and less dependent on our collective and individual expropriation.
Crédit: Painting of a gold mine in the style of Fernand LeDuq 24″x24″ fabricated by Jessica Weiland, painting student at the Pierre Lassonde School for the Arts, Sackville, NB, 2023