L’intensification du réchauffement climatique s’exprime notamment par l’arrivée des eaux qui, produites par la fonte de leur glacier d’origine, ont poursuivi leur chemin jusqu’au sud. À l’inverse, la précarité climatique provoque la migration forcée de plusieurs populations vers le nord. Déployant dans l’espace des couvertures de survie, Maria Ezcurra reflète l’urgence de ces enjeux. Organisées en un labyrinthe miroitant, ces dernières forcent une implication directe de notre corps – amplifiée par la possibilité de nous-mêmes revêtir l’une de ces couvertures. Provoquant une expérience de désorientation, qui n’est pas sans rappeler les chemins empruntés par les migrant·e·s, l’artiste révèle une part de la violence vécue lors de ces déplacements ainsi que la négligence systémique à leur origine.
À l’opposé de la froideur qui se dégage de l’installation, l’espace de médiation attenant symbolise la chaleur d’un lieu de rassemblement, de connexion. Ouvert à la création libre, avec un accent sur le textile, il rappelle avec douceur que le soin, l’artisanat et la communauté peuvent constituer des réponses à l’exclusion. Ainsi, « l’œuvre évoque la fragilité et la résistance, révélant comment la survie peut être à la fois collective et précaire ».
(Née à Buenos Aires, Argentine – Vit à Montréal, Québec, Canada)
Maria Ezcurra est une artiste et éducatrice qui travaille le textile comme un matériau sculptural et performatif. Elle explore la mémoire, l’identité et l’appartenance dans une perspective intersectionnelle et écoféministe. Elle enseigne à McGill et à Concordia. Son travail a été présenté au Québec, au Canada et à l’international, et a été récompensé par le prix Powerhouse (2022), le Prix du MNBAQ (finaliste, 2023) et le prix Charles-Biddle (2024).
